L’attachement à ce que l’on croît être…

Se définir comme un état solide et figé avec une ligne continue caractérisée par ce que nous sommes certain d’avoir vécu et qui devient donc NOTRE VIE.

Une VIE basée sur cette ligne, cette structure soi disant solide, qui devient notre seul et unique point de référence, notre seul et unique repère pour nous définir à un instant précis et se rassurer en voyant le chemin parcouru et ce qu’il nous reste à parcourir pour OBTENIR ce que l’on recherche et désire tant.

Se définir avec un état bien précis à chaque instant en faisant référence à ce que nous avons défini comme état à AVOIR pour se sentir libre de choisir et AVOIR le contrôle de ce que l’on a décidé de vivre.

Et surtout faire attention de bien prendre au sérieux l’ensemble afin de construire quelque chose qui nous apparaisse comme véritablement solide. Car comment définir du solide si cela n’est pas IMPORTANT, ESSENTIEL, donc cela est forcément SERIEUX !

Voilà ce que nous sommes et ce que nous avons inventé, voilà en réalité ce qui nous apparaît comme étant la seule et unique voie pour enfin acquérir la solidité tant recherchée.

Définir un monde pour avoir du solide, définir un monde au sein duquel nous sommes le CENTRE pour en avoir le contrôle, définir un monde pour se sentir exister, définir un monde au sein duquel tout est tourné vers nous, tout est à nous et tout est là uniquement parce que nous avons choisi de le voir tel que nous désirons le voir.

Un monde limité, fragmenté, isolé, figé car c’est ainsi que nous souhaitons le voir afin d’AVOIR le confort de vivre dans un monde qui nous est CONNU, qui nous permet au final de nous sentir SOLIDE en nous raccrochant à quelque chose.

Définir un monde solide et s’identifier totalement à celui-ci, définir un monde et s’ATTACHER totalement à celui-ci…

Voyez comme chacun d’entre nous prenons au sérieux, réellement, le monde au sein duquel nous évoluons, voyez comment nous luttons en permanence contre un monde qui nous apparaît comme hostile, dangereux, non sécuritaire…

Voyez comme au final nous nous sentons agressé par ce monde…

Ce monde que nous avons inventé de toutes parts !

Ce monde qui n’est que le reflet de notre égo qui ne vit que pour AVOIR car sans cela il ne peut prétendre donner un aspect solide à ce qu’il est et donc ne peut se prouver qu’il EST.

Un égo qui ne peut accepter ce qu’il est et est sans cesse en train de rechercher à être autre chose pour se donner l’impression d’être ENTIER, SOLIDE, STABLE et CONTINU !

Et voyez comment nous solidifions tout ce que nous vivons car cette substance solide nous en avons fait le seul et unique BESOIN…

Et cela est devenu TRES SERIEUX, n’est-ce pas ?

Quoiqu’en dise certaines personnes, TOUT ce qui est soi disant vécu ne l’est que par « JE/MOI » qui ne voit même pas qu’il est en train de s’illusionner lui-même dans un jeu de dupes.

TOUT EST SERIEUX mais attention au sens du mot sérieux, ici il est employé dans le sens de donner un aspect solide à ce que l’on « vit » et pas sérieux dans le sens, ceci n’est pas une blague…

Car cet article et ce blog ne sont qu’une vaste plaisanterie ! En aucun cas il est question de solidifier tout « ce qui est » et si par hasard cela venait à se produire alors ce blog n’aurait plus lieu d’être !

Prenons un exemple « sérieux » chez l’être humain (je n’utilise pas le mot société car celui-ci est encore plus limité, en effet c’est quoi une société si ce n’est un groupe d’individus définis par un autre groupe d’individus ???) !

LE TRAVAIL : Entendons par là l’aspect soi disant professionnel de notre soi disant vie !

Observez vous ne serait-ce qu’un instant lorsque vous lisez ce mot « TRAVAIL », cela engendre quoi au sein de vous-même ?

  • Nous sommes tous dans l’obligation de travailler, n’est-ce pas ?
  • Et pourquoi au fait ?
  • Ah oui pour subvenir à nos besoins…

Bien que la nature dans sa grande générosité ait déjà prévu tout ce qui est nécessaire pour subvenir à nos besoins. Il y a du dioxygène pour respirer, il y a de l’eau pour boire, il y a de la nourriture pour manger (cultiver n’est logiquement pas un travail, tel qu’on l’entend de nos jours car cela représente plus une obligation alors qu’en réalité le travail pour vivre est un moyen de pratiquer, mais un outil inventé par et au service de l’homme pour lui permettre de subvenir à ses besoins !).

Le travail tel qu’il existe aujourd’hui est nécessaire pour gagner (AVOIR ?) de l’argent nous permettant de subvenir à nos besoins. Sur ce point nous sommes d’accord !

  • Cela indiquerait-il que sans argent nous ne pourrions subvenir à nos besoins ?
  • Voilà une question qu’il serait intéressant d’approfondir, n’est-ce pas ?

Bref, le travail, voyez comment ce système a été mis en place pour répondre à un besoin inventé par l’homme, GAGNER DE L’ARGENT !

Vous êtes tous d’accord sur ce point étant donné que c’est l’homme qui a inventé l’argent !

Voyez comme ce travail permet avec une grande facilité de définir notre rôle au sein de ce système que nous avons-nous même inventé (défini ?).

Chaque profession est catégorisée, nivelée, chaque profession est parfaitement définie avec ses règles, ses lois, etc.

Chacun d’entre nous a même droit à une FORMATION permettant de GAGNER le droit d’AVOIR accès aux différentes échelles de ce système de travail.

Travail qui nous assure le DROIT de vivre convenablement, de satisfaire nos besoins essentiels et de satisfaire (essentiellement) nos envies qui se sont transformées en BESOIN ESSENTIELS, si ce n’est VITAL pour nous ASSURER UNE VIE SOI DISANT CONFORTABLE !

Une fois entré dans ce système, voyez comme vous allez vous prendre au sérieux, car enfin vous accéder à un statut parfaitement défini (un état solide ?) ayant un rôle à jouer au sein d’un système parfaitement défini et tellement solide.

Vous voilà alors avec un sens à donner à votre existence, TRAVAILLER. D’une part je pourrais satisfaire mes besoins naturels et d’autre part cela me permet de me sentir UTILE…N’est-ce pas ?

D’ailleurs j’ai bien compris à quel point il était essentiel de définir, avant même d’y avoir accès, un statut précis me permettant d’entrer dans une formation qui va m’apprendre tout ce que je dois SAVOIR pour TRAVAILLER comme il se doit (un cadre avec les limites ?) dans MON TRAVAIL !

Donc JE travaille et JE me sens UTILE et cela donne un sens à MA VIE donc tout est en ORDRE et JE peux ressentir ce CONFORT d’AVOIR un ETAT parfaitement défini qui me permet d’AVOIR CETTE SECURITE tant recherchée !

Car après tout, c’est bien SOLIDE tout cela, n’est-ce pas ?

Et je m’identifie totalement à ce travail (voyez le temps que vous passez au sein de VOTRE travail), je m’identifie totalement à tout ce qu’implique ce travail et cela engendre alors UNE SOLIDITE si grande, une stabilité plus forte et c’est en harmonie avec MA LIGNE DE VIE car tout s’assemble de façon LOGIQUE, comme JE l’avais prévu !

Alors on s’attache réellement à tout ce que nous offre ce TRAVAIL, à tout ce que nous AVONS grâce à ce travail, car tout cela est SOLIDE et devient NOTRE CONNU qui nous rassure et nous permet d’être en sécurité !

Mais nous avons oublié une chose, l’obligation de travailler avec des personnes que « JE » n’a pas choisies…

Et sans compter sur toutes les surprises, les imprévus, les changements…

C’est délicat tout ce changement quand on a tout figé à l’avance, n’est-ce pas ?

Cela n’est pas acceptable, « JE » ne peux accepter cela et « JE » désire montrer SON mécontentement, « JE » lutte contre tout ce changement qui le met mal à l’aise et ne lui permet pas d’être dans son CONNU.

Et l’attachement est lié à ce CONNU qui nous permet d’AVOIR cet aspect SOLIDE, CONTINU, STABLE…

Alors si il est touché, mis en péril, c’est toute l’existence de « JE/MOI » qui est en péril et cela est inacceptable, n’est-ce pas ?

La remise en question est délicate…

Voyez comme nous avons fait de NOTRE travail un aspect tellement solide de NOTRE vie, il a une place essentielle au sein de NOTRE vie. Et pour certains il est même devenu LE SEUL ET UNIQUE repère pour donner un sens à LEURS VIES !

Bien entendu, au sein de ce travail, nous pouvons VOIR en permanence les relations humaines telles qu’elles sont définies par l’EGO. MOI, MOI et encore MOI face à l’extérieur qui n’a de cesse de me contrarier, de changer, de m’agresser et m’empêche d’atteindre l’objectif fixé (figé ?) qui est de se sentir SOLIDE, STABLE et CONTINU de par l’identification à un ETAT que « JE » a défini comme SOLIDE.

Voyez comme il est facile de dire « ce n’est qu’un travail ! » mais si délicat d’accepter qu’effectivement « ce n’est qu’un travail ! ». Voyez comme il est délicat pour ceux qui n’ont pas de travail de se sentir UTILE, d’AVOIR une place précise, de se DEFINIR avec précision, de se SENTIR EXCLU d’un système qui logiquement a été mis en place pour leur permettre d’AVOIR un rôle à JOUER (tiens, « jouer » ne nous indique-t-il pas que tout cela est un JEU ???).

Voyez comme il est délicat pour nous, qui travaillons, de se détacher de ce rôle, de se détacher totalement et de VOIR, d’ACCEPTER que ce travail ne nous permet en aucun cas de définir quoi que ce soit mais simplement d’AVOIR l’illusion d’être SOLIDE, STABLE (d’ailleurs les termes précarité et instabilité sont très utilisés dans le monde du travail, NON ?).

Voyez comme nous nous identifions totalement à ce rôle de travailleur, comme nous avons tant de mal à distinguer vie professionnelle et vie personnelle…

L’une déteint sur l’autre, car en réalité nous mettons en place les mêmes mécanismes pour les deux. Nous souhaitons séparés les deux mais cela devient complexe quand on s’identifie totalement aux deux…NON ?

Nous avons mis en place une dualité tellement forte qui fragmente totalement notre existence que cela se répercute sur tous les aspects de NOTRE VIE.

  • En réalité, y’a-t-il véritablement des aspects de notre vie ?
  • A partir du moment où on découpe NOTRE VIE en « aspects » ne sommes-nous pas dans la fragmentation ?
  • Ne sommes-nous pas en train d’essayer d’encadrer chaque aspect de NOTRE VIE ?
  • Ne sommes-nous pas dans le contrôle de chaque partie de notre VIE ?
  • Et qui essaye de contrôler ?
  • Et qu’essayons nous de contrôler ?

JE qui essaye de contrôler l’image de la vie qu’il souhaite et qu’il a lui-même définie…

REMARQUE : Bien entendu il n’est pas question ici de prétendre que le système actuel, le travail et tout ce qui va avec est inutile car cela serait alors définir un état…

Juste essayer de VOIR sans JUGER, sans croire que ce qui est dit est LA VERITE, sans s’identifier à une façon de penser, sans s’attacher à ce qui est dit, du moins aux mots qui ne sont que des images définies donc limitées !

Juste laisser être tout cela sans lui donner d’aspect solide et le laisser mourir sans le ruminer ou se focaliser dessus. Juste le laisser être et le laisser s’épanouir, libre de toute identification, de tout attachement, de toutes images.

Le laisser être ce qu’il est sans définir ce qu’il peut être ou essayer de le comprendre.

Car la compréhension ne peut en aucun cas être le fruit d’une recherche mais le fruit d’une vision claire et non limitée.

Nous sommes dans l’incapacité de ne pas se prendre au sérieux, que ce soit dans notre vie personnelle ou bien dans notre vie professionnelle…

Dans l’impossibilité de se détacher de « ce qui est » car nous en avons fait « ce que JE vis »

En réalité, TOUT est seulement une question de recherche de solidité, de stabilité, de continuité et de SE PROUVER à soi même que l’on EXISTE…

Et la lutte contre « soi même », contre ce que l’on est réellement est alors engendrée.

La lutte de ce que l’on croit être contre ce que l’on est…

Et d’ailleurs, lutter contre quelque chose n’est-ce pas là une preuve irréfutable que l’on existe, que l’on est solide ?

L’attachement face à ce que l’on croît être est devenu le seul et unique repère nous permettant d’AVOIR une substance solide.

L’attachement qui engendre la non-acceptation face à « ce qui est » car « ce qui est » nous met face en permanence à ce que JE suis…

Ce qu’est ce « JE/MOI » ou devrais-je dire ce que croît être ce « JE/MOI » qui n’a de cesse de rechercher l’ETAT ULTIME lui permettant d’AVOIR cette SOLIDITE ABSOLU lui permettant d’AVOIR cette EXISTENCE qu’au final il a défini comme étant l’état qui le caractérise…

  • Un « JE/MOI » qui est à la recherche de lui-même…
  • Un « JE/MOI » qui essaye de se définir lui-même…
  • Un « JE/MOI » qui essaye de se posséder lui-même…
  • Un « JE/MOI » qui est en conflit contre lui-même…
  • Un « JE/MOI » qui s’effraie lui-même…
  • Un « JE/MOI » qui essaye de se rassurer lui-même…
  • Un « JE/MOI » qui ne voit que lui-même…
  • Un « JE/MOI » qui ne croît qu’en lui-même…

Car tout ce qu’il vit n’est qu’images de lui-même !

Alors quand nous cessons de nous prendre au sérieux,

Quand nous cessons cette lutte permanente contre ce que l’on est afin de donner un aspect solide à ce que l’on croît être,

Quand nous pourrons enfin VOIR véritablement, dans l’acceptation TOTALE et sans lutte ce que l’on est véritablement…

Alors JE acceptera de MOURIR pour permettre de VOIR TOUT CE QUI EST et non pas TOUT CE QUE « JE » VEUT ÊTRE…

Publicités

Un commentaire sur “L’attachement à ce que l’on croît être…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s