Identification à « MOI »

« MOI » recherchant une solidité, un repère stable sur lequel se reposer, un point fixe qui lui éviterait d’avoir sans cesse à se remettre en question. Un élément solide permanent qui lui permettrait enfin de se sentir « être ».

L’identification est un moteur puissant chez « MOI » car de par cette identification il peut enfin AVOIR de la solidité, un élément sur lequel se reposer.

Soyons attentifs à l’ensemble des éléments et voyons à quel point « MOI » s’identifie en permanence à ce qu’il définit comme un élément solide, comme si il se glissait dans ce costume afin d’AVOIR une solidité, une IDENTITE car voilà bien là l’essence même de « MOI » AVOIR une identité SOLIDE sur laquelle se reposer, une identité STABLE, permanente. Une recherche incessante pour éviter de faire face à ce vide qu’il ressent et ce partout où il est, peu importe qu’il soit seul ou accompagné. Un vide qui l’effraie plus que tout, étant donné que TOUT est plein et que sans ce plein il ressent ce VIDE…

  • Alors pourquoi à chaque fois que l’on s’identifie à un élément cela est éphémère ?
  • Pourquoi sommes-nous en permanence en train de nous identifier à un élément que nous qualifions de solide ?

A commencer par ce corps physique auquel on a attribué un nom, un prénom, une image en comparaison des autres images qui gravitent autour de ce corps physique.

Nous sommes également identifiés à une nationalité, une culture, une religion OU PAS car ne pas avoir une religion, n’est-ce pas là aussi une marque d’identification ?

Nous sommes identifiés à un passé, MON passé, celui que J’AI vécu et qui est le seul et unique passé vécu par « MOI » qui fait de « MOI » une entité UNIQUE, non ? Ou dans le refus total de son passé qui est là également une marque d’identification, JE NE SUIS PAS CECI !

Nous sommes identifiés à notre caractère, celui que nous avons forgé au fur et à mesure du temps mais qui curieusement est défini comme notre caractère et auquel on se raccroche afin d’AVOIR un élément solide auquel se raccrocher. JE SUIS COMME CELA, c’est mon caractère ! Même être sans caractère est aussi une identification non ?

Nous sommes identifiés à nos valeurs, nos avis, nos opinions et le fait de ne pas avoir de valeurs, d’avis ou d’opinions pourrait être considéré comme une autre forme d’identification également, n’est-ce pas ?

En permanence, nous nous raccrochons à ce que nous sommes certain d’être sans même voir « ce qui est », sans même être attentifs à ce qui n’est plus, nous en faisons ce que nous sommes, conditionnés à vivre dans notre vécu, notre caractère, nos opinions, nos idées, nos avis, NOTRE MONDE !

Tout cela formant alors un « MOI » solide auquel nous nous raccrochons, nous nous IDENTIFIONS, n’est-ce pas ?

  • Alors pourquoi lorsque nous regardons un film, nous lisons un livre, nous nous identifions aussi facilement à un personnage ainsi qu’aux émotions vécues par ce personnage ?

Si « MOI » est si solide, si présent pourquoi s’identifie-t-il aussi facilement à un autre « MOI » qui n’a aucune consistance étant donné que nous savons bel et bien que cet autre personnage est fictif, du moins dans la plupart des cas !

Ne pourrait-il pas y avoir là, un moment décisif, un moment ICI ET MAINTENANT où nous pourrions être pleinement présents et attentifs à ce « MOI » s’identifiant à un autre « MOI » ?

Quel mécanisme délicat n’est-ce pas ?

Une élaboration mentale d’une image à laquelle nous nous identifions le temps d’un film, d’un livre. Une image à laquelle nous prêtons des émotions, des sensations. Une image qui devient alors solide le temps d’un récit, aussi illusoire soit celui-ci !

Peut-être qu’en étant présent à ce mécanisme mental, nous pourrions alors être présent au simple fait que nous même ne sommes qu’un personnage, une image élaboré par le mental qui a besoin d’un repère solide pour asseoir sa solidité, sa stabilité. Que dire alors du récit de notre vie qui lui aussi pourrait être qu’un récit illusoire auquel on tient à se raccrocher…

Et si cette identification à un autre personnage n’était en réalité que le reflet de notre illusoire attachement à ce que nous avons envie d’être.

Si l’on peut aussi facilement s’identifier à un autre « MOI » peut-être est-ce tout simplement parce que ce « MOI » auquel on tient tant n’est rien d’autre qu’un costume passager, un « en attendant MIEUX », nous permettant de ne pas se sentir PERDU, VIDE en comparaison de ce PLEIN que représente l’élaboration mentale d’un élément SOLIDE que nous passons notre temps à rechercher !

Soyons présent à cette identification éphémère, qui ne dure jamais, et par conséquent qui ne fait que renforcer notre vision de l’instabilité, de l’absence de solidité, notre envie d’AVOIR toujours plus de solidité à force de passer d’un costume un autre qui au final n’est jamais PERMANENT !

Voyons comment « MOI » a engendré le BESOIN d’AVOIR une identité, le besoin de se raccrocher à quelque chose qui représente la solidité à laquelle il tient tant.

Et si pour une fois nous étions pleinement présent lors de cette identification, afin d’être attentif au cœur même de celle-ci, de VOIR pleinement ce « MOI » qui passe d’une image à une autre. D’être présent à ce « MOI » qui ne peut accepter d’être ce qu’il est et qui passe le temps (qu’il qualifie comme SON TEMPS !) à rechercher un élément qui pourrait lui permettre de se POSER, d’AVOIR cette stabilité permanente, de se SENTIR SOLIDE. Un « MOI » qui invente cette notion de VIDE en comparaison du PLEIN qu’il est certain d’être, un VIDE auquel il refuse de faire face car le qualifiant de MAL-ÊTRE absolu. Un vide qui en réalité est la seule et unique voie lui permettant d’ÊTRE pleinement ce qu’il est afin de cesser de rechercher à devenir ce qu’il a envie d’être !

Voyons comme nous sommes tous dans cette identification unique, comme nous vivons tous PAR MOI, POUR MOI, sans même être attentif à cette identification qui en réalité est le seul et unique voile nous empêchant d’être présent à « ce qui est » !

Voyons comme il est délicat de laisser mourir pleinement cette identification, de ne plus s’attacher à celle-ci, de lâcher-prise totalement sur cette identification. Voyons comme nous pensons sincèrement que c’est NATUREL, que nous nous sentons VIVANT dans cette identification UNIQUE que nous avons engendré en étant certain que c’est le SYSTEME qui est le seul et unique responsable de cette identification. Voyons pleinement comme nous rendons responsables le système pour ce que nous vivons. Soyons pleinement présent à ce système qui en réalité n’est rien d’autre que « MOI » opérant un contrôle individuel sur « MOI » afin de ne pas avoir à faire face à « MOI » !

Est-ce dans la lutte contre « MOI » que nous pouvons être pleinement présents à « MOI » ou bien dans l’acceptation pleine et entière de « MOI » que nous le pouvons ?

Si vous pensez que luttez contre le système permettra de vous sortir du système, demandez-vous si en réalité vous n’êtes pas en train de mettre en place une structure du mental donnant encore plus de force au système en croyant réellement que celui-ci est extérieur à « MOI » ? Pensez-vous réellement être extérieur au système ?

Lorsque nous sommes pleinement présents à « MOI » alors le système dans son intégralité se dévoile, sa complexité s’efface pour laisser place à une simplicité déconcertante !

JE SUIS LE SYSTEME et c’est mon inconscience qui est à l’origine de celui-ci, l’inconscience qui le nourrit et le renforce, l’inconscience qui lui offre cette solidité de par la croyance en un système qui a un début et qui aura donc une fin. Et qui entre temps va évoluer car c’est ainsi que fonctionne ce système n’est-ce pas ? ET nous mettons tout en place pour que ce système fonctionne comme nous le souhaitons, un système illusoire pour un « MOI » illusoire dans un récit illusoire…

Que nous identifions comme MA VIE !

Accepter n’est pas se résigner car la résignation n’est point l’attention et la présence. Accepter n’est pas se contenter car ainsi on engendre alors la notion de « JE me contente de cela…en sachant qu’il y a peut-être MIEUX mais je ne l’ai pas… » !

Accepter c’est être attentif à tous ces mécanismes « MOI » afin d’être présent à « MOI » sans pour autant être conscient de « MOI » et le définir comme étant un élément fictif.

Cela ne ferait que créer un autre observateur d’un « MOI » différent.

Un autre observateur observant et jugeant « MOI ».

Mais est-ce vraiment un autre observateur ou bien « MOI » s’identifiant à nouveau à un autre personnage et croyant évoluer ainsi, DEVENIR MIEUX pour changer et acquérir toujours plus de solidité ?

L’identification est un mécanisme déroutant n’est-ce pas ?

Simplement être attentif à « MOI » sans me dissocier de « MOI » car tout ce que JE vois c’est « MOI » et rien d’autre que « MOI », alors pourquoi ne pas simplement être « MOI » et l’accepter pleinement sans le juger ni le définir comme étant un autre « MOI » !

Ouverture, acceptation, attention à « MOI » pour être présent au simple fait qu’est « MOI », ni plus ni moins, le juste milieu et être alors présent au fait que « MOI » n’a ni début ni fin ! Ouverture infini et illimité pour être présent à « ce qui est » !

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